L’alphabet de VanajaLe travail de Vanaja s’articule autour de 4 figures, parfois répétitives, et, avec ce tout petit alphabet, elle construit ses œuvres.
Et Vanaja lui offre ses lettres de noblesse en lui donnant la possibilité d’exprimer toutes ses facettes : parfois trait de crayon, parfois chevelure au vent, parfois ailes d’anges… jouant avec la lumière et les ombres qu’il projette, loin de l’humble support qu’il représente pour les sculptures traditionnelles à qui il ne sert que d’ébauche, d’armature amenée à disparaître, recouvert de plâtre par exemple…
On retrouve donc dans l’œuvre de Vanaja 4 figures emblématiques et ô combien symboliques qui lui permettent d’exprimer tous ses questionnements, au travers d’œuvres d’art qui s’articulent autour de 4 thèmes principaux (les mains, les « messagers », les figures abstraites et les écritures).
Lorsque Vanaja s’installe à son atelier, et qu’elle tire sur le fil de sa bobine, celui-ci prend déjà naturellement, instinctivement une première forme, une courbure qui sera comme une première inspiration pour la forme à venir… face à ce matériau récalcitrant qu’il faudra dompter, armée de sa seul pince, l’artiste se retrouve tel le peintre face à sa toile blanche, tirant sur le fil d’Ariane en espérant trouver une fois l’œuvre terminée un début de réponse.
Aux Beaux-arts, Vanaja était fascinée par la couleur plutôt que par la forme, à part Klimt dont les enluminures et les spirales laissaient présager inconsciemment la voie empruntée quelques années plus tard. Le jour où par hasard elle toucha le fil de fer, en découvrant alors un matériau qui se pliait à ses désirs créatifs. Utilisant toutes les techniques liées au fil : tissage, tricots, vanneries et couture, elle mesura l’étendue des possibilités pour exprimer par le geste son inspiration. Tournant le dos à la couleur pour s’exprimer en « noir et blanc », avec les vides et les pleins, l’ombre et la lumière…
Après des objets sculptures, le déclic, l’inspiration de cette nouvelle démarche artistique n’est pas étrangère à la découverte du cirque de Calder. Etrange chapiteau peuplé d’animaux, de dompteurs et d’acrobates en fil de fer, dont les premières représentations dans les années 1926-1927 furent données par le maître en personne pour le tout-Paris artistique dont il était devenu la coqueluche. Pendant que sa femme était au gramophone, il réussit un tour de force : les multiples petites figures articulées à base de bois et de fil de fer et autres ressorts s’animent comme par enchantement au bout de ses gros doigts. Ces œuvres de jeunesse sont bien sûr moins connues que ses mobiles et stabiles géants. Et c’est en quelques sorte la seule référence de Vanaja, Calder ayant aussi travailler la caricature en fil de fer. Texte écrit sur l’artiste Vanaja BRAIBANT par Antonia CASTRO RODRIGUEZ |
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