Le Nœud

Dans le travail de Vanaja, les nœuds sont très présents, forcément quand on travaille le fil ! Fil qu’elle emmêle, qu’elle crochète avec des nœuds aléatoires, parfois dans tous les sens. Certains personnages ne sont que nœuds, nés d’une seul bobine.

Les nœuds sont des univers à eux seuls. En faisant un nœud, on capte la réalité, on passe de l’abstraction à la matérialisation. La boucle devient un point qui cesse d’être virtuel, pour se situer au cœur d’une problématique. Au-delà de l’ancrage dans la matérialité, il peut développer la signification de situations conflictuelles, de tensions. Inversement, en dénouant les nœuds, en défaisant les liens, mais aussi en grimpant le long d’une corde à nœuds verticale, comme le chaman à son poteau encoché, on atteint l’immortalité.

 

Dans son travail, à sa petite échelle, Vanaja est le maître des nœuds… Pas de travail du fil sans nœuds, mais si ils sont nécessaires à tout travail filin, le choix de leur présence ou non, de leur taille, de leur emplacement n’est pas dépourvu de sens.

 

La Boucle

La boucle est par définition une courbe. Par sa courbure, elle se rattache à la lune, aux cycles et au cosmos tout entier. Elle se distingue du cercle car elle a un début et une fin, mais à l’origine elle a pu servir de modèle à l’homme pour ensuite le tracer. La boucle aboutit à la spirale.

 

La Spirale

Pour Vanaja qui a longtemps travaillé sur les 4 éléments (plus un « cinquième » inclus dans la philosophie indienne : le cosmos), c’est le premier de ses symboles fétiches. Il représente le souffle, l’eau, le vent, le mouvement pour elle, c’est aussi un élément dynamique, le début de l’écriture.

Quand on se penche sur l’origine de ce symbole sa définition tout d’abord : une courbe non fermée et à chaque tour, le trait s’éloigne de son point de départ…Quant à la double spirale, c’est le labyrinthe… on n’est pas prêt de trouver des réponses immédiates avec un tel symbole !
La spirale exprime aussi la cyclicité des vies végétales, anomales ou astrale, on rejoint ici à la fois la paysagiste et la philosophie indienne…

Mais la spirale nous donne aussi l’idée de croissance illimitée, d’évolution, elle s’ouvre sur l’infini ou l’éternité.
Dans les œuvres de Vanaja, elle est très présente, et l’on comprend mieux pourquoi quand on en saisi toute la symbolique.

 

L'Écriture, la Guirlande

C’est parfois une forme répétitive sur une ligne, qui quand elle tourne donne un volume. C’est parfois un mot, un texte qui l’habille. Avec le mot l’œuvre prend une tout autre signification. Les premiers textes dans l’œuvre de Vanaja sont dans « L ‘arbre-poème » de 1996.
Le choix des poèmes n’est pas anodin, puisque le plus souvent il s’agit de textes d’un poète indien du siècle dernier nommé TAGORE.

Comme symbole, l’écriture constitue la limite entre Préhistoire et l’Histoire. Tous les peuples sans écriture appartiennent, théoriquement à la préhistoire et tous les autres, à l’histoire, quel que soit le degré de leur évolution technologique. Pour le savant, écriture équivaut à civilisation. En fait, l’écriture n’est que la codification d’une partie de la connaissance.

Le choix des poèmes indiens n’est évidemment pas innocent, ou les mots choisis pour l’œuvre intitulée « Genèse » (travaillée comme les vitraux d’une église) apportent une explication à l’œuvre, tel un commentaire ou une légende, mais sont aussi parfois l’armature de l’œuvre.

Texte écrit sur l’artiste Vanaja BRAIBANT
par Antonia CASTRO RODRIGUEZ

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